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Conseil en Gestion de Patrimoine

Bourse : les robots ont-ils pris le pouvoir sur les marchés ?

Posté le : 24/04/2018

(Le Revenu) Le trading haute fréquence est une technique qui con­sis­te à passer automatiquement des milliers d’ordres de marché en quelques secondes.

 

 

 

Cette pratique a connu un essor fulgurant depuis le début des années 2000 : «Le trading haute fréquence, inexistant en Europe il y a dix ans, est aujourd’hui à l’origine de plus d’un tiers des transactions sur Euronext, et d’environ la moitié des celles portant sur les valeurs américaines», explique un expert des marchés. (…) Les algorithmes de trading haute fréquence ne sont pas les seuls robots à avoir accru leur présence sur les marchés financiers. Une étude de Morgan Stan­ley estime que les encours des fonds quantitatifs et des trackers smart beta (ETF capables d'effectuer automatiquement des arbitrages sur les marchés) ont été quasiment multipliés par trois entre 2010 et mi-2017, à près de 1.500 milliards de dollars. C’est environ 7 % du total des actifs gérés à travers le monde !  Le poids croissant des robots dans la finance met-il en danger la stabilité des marchés ? La réponse est nuancée. Lorsque les Bourses sont plutôt calmes, les algorithmes de THF agissent surtout comme teneurs de marchés, et apportent ainsi davantage de liquidité aux titres, d’après des études de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de la Toulouse School of Economics. Ils ont aussi pour vertu d’avoir, en quelques années, réduit significativement le coût des transactions. Mais, en période de stress, les deux institutions reconnaissent que le trading haute fréquence et algorithmique (fonds quantitatifs, ordres à seuil de déclenchement, etc.) amplifie la volatilité. Les robots ne peuvent donc pas être totalement dédouanés de leur part de responsabilité dans les mini-krachs boursiers. (…) Outre ces dérives, la robotisation de la Bourse constitue un écueil majeur pour les particuliers : il leur est impossible de réagir à une information de marché aussi vite qu’un algorithme. (…)  «Les épargnants participent ainsi désormais peu à la formation des prix des titres sur lesquels interviennent aussi des algorithmes», constate Catherine Nini, PDG du courtier Bourse Direct. Plusieurs initiatives ont été prises pour atténuer cette faille. (…) Pour jouer à armes égales avec les robots, les particuliers n’ont en définitive guère d’autre choix que de recourir aux services… d’autres robots !